LES LOTISSEMENTS
Quelques pistes pour un urbanisme de qualité

(I)


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Cette fiche expose quelques recommandations pour l’élaboration de lotissements de qualité. Elle a pour but d’inciter les demandeurs à éviter les solutions toutes faites, à réfléchir aux besoins et potentialités d’un lieu, aux questions qu’il pose, et finalement à l’étudier avant d’agir ; elle vise à définir les moyens d’atteindre un objectif essentiel : comment concilier développement urbain et qualité du cadre de vie.

I -
Problèmatique
II -
Les questions préalables
III -
Les objectifs
IV -
La mise en oeuvre du project architectural, urbain et paysager :
  L'étude urbaine et paysagère
  L'espace public
      La voirie
      Les espaces communs
      l'aménagement paysager
      Le mobilier urbain
  A l'échelle du parcellaire
  Le découpage parcellaire
      L'implantation du bâti
      La forme architecturale et urbaine
      Le traitement paysager, les clôtures
    Le développement durable, l’écoquartier, le lotissement écologique
    Quelques exemples d'opérations écologiques

 

I - Problématique

Les zones pavillonnaires réalisées ces trente dernières années sont très consommatrices d’espaces et offrent pour la plupart un paysage bâti banal et peu valorisant. Ces extensions, au lieu d’assurer une certaine continuité avec les bourgs existants et de créer de véritables quartiers, sont souvent en rupture avec ce contexte bâti (site d’accueil inapproprié, aspect quantitatif au détriment du qualitatif, composition urbaine fondée sur un découpage géométrique du parcellaire, pauvreté des espaces publics, etc.).
La problématique actuelle de développement durable, dont les principes sont inscrits dans la loi SRU du 13 décembre 2000, oblige à limiter cet étalement urbain et à éviter le gaspillage de l’espace (recherche de densification, priorité donnée à la réutilisation, etc.). Cette loi stipule également qu’un équilibre doit être trouvé entre développement de l’urbanisation (urbains, péri-urbains et ruraux), et la préservation des espaces (naturels, bâtis, patrimoniaux…). Il y est aussi question de mixité sociale, les projets de développement devant favoriser l’accueil de publics variés, en diversifiant l’offre de logements et en répondant aux nouvelles attentes des citoyens (confort, qualité architecturale, économie, écologie).


II - Les questions préalables

La réalisation d’un lotissement doit reposer sur des choix réfléchis et cohérents au regard du contexte local. Cette réflexion préalable est d’autant plus nécessaire en l’absence de document d’urbanisme régissant le territoire communal, et notamment de plan local d’urbanisme (PLU). Elle doit reposer sur une approche globale, à l’échelle de la commune, qui peut prendre la forme d’une étude préliminaire ou d’un diagnostic communal mettant en avant les faiblesses et atouts de la commune.
Définition des besoins
Avant la mise en œuvre du projet, il est indispensable d’établir un programme : nombre et type de logements, nombre d’habitants souhaité, quartier résidentiel ou mixte (commerces, équipements…). Pour préserver l’équilibre fonctionnel de la commune, les équipements et infrastructures doivent être intégrés à la réflexion (école, voirie, salle de sport, etc.).
Type d’opération
Opter pour un habitat collectif ou individuel (isolé et/ou groupé), qu’il soit en locatif ou en accession, entraîne nécessairement une forme architecturale et urbaine spécifique, et permet de répondre à la problématique de densité et de mixité. A ce stade, il s’agit aussi de définir la qualité paysagère et environnementale attendue.
Choix du site
Avant tout, afin de lutter contre la dispersion de l’habitat et l’étalement urbain, il convient de prendre en compte les potentialités au sein du bourg (« dents creuses », réhabilitation du bâti ancien, etc.). Il s’agit aussi d’éviter de fonder le projet sur de simples opportunités foncières : le choix des espaces à urbaniser doit reposer sur un diagnostic communal (constat critique de la situation existante, points forts et faiblesses), sachant que les opérations nouvelles doivent être réalisées en continuité des parties déjà urbanisées. Mais le site doit essentiellement être retenu en fonction du contexte architectural, urbain et paysager existant. Il faut également vérifier que le site retenu puisse accueillir le programme précédemment élaboré (qualité du sol, patrimoine à préserver qu’il soit végétal ou bâti…). Sa position par rapport au contexte existant n’est pas non plus négligeable ; construire un lotissement isolé de tout autre structure bâtie n’est peut-être pas très judicieux : éloignement des services, construction de voiries, rapprochement des réseaux, et donc augmentation des coûts.

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III - Les objectifs

Le Code de l’Urbanisme définit comme lotissement toute division d'une propriété foncière en vue de l'implantation de bâtiments qui a pour objet ou qui, sur une période de moins de 10 ans a eu pour effet de porter à plus de deux le nombre de terrains issus de la dite propriété (cf. article R 315-1 du code de l'urbanisme). L’opération de lotissement comprend la division mais aussi l’équipement du terrain (notamment tracé viaire). Chaque maître d’ouvrage est ensuite plus ou moins libre de construire sa maison, selon les modalités mises en place par le règlement de lotissement ou, à défaut, par le PLU de la commune.
Toutefois, toute opération de lotissement doit être considérée comme la création d’un nouveau quartier, et à ce titre, qu’elle soit en extension de bourg ou intégrée au tissu bâti existant, doit s’inscrire dans la continuité du bourg. Pour cela, créer une « bonne greffe » nécessite d’aller au-delà d’un simple découpage parcellaire géométrique, et doit reposer sur un projet urbain et paysager, prenant en compte les composantes du territoire. Le travail doit être mené en concertation avec l’ensemble des intervenants (architectes, urbanistes, paysagistes, géomètres, élus, responsables de l’urbanisme, promoteurs, opérateurs techniques…). Le lotissement constitue alors un projet urbain et non plus une opération de division de terrain. Il peut parfois être à l’origine du projet urbain d’un bourg, en permettant sa restructuration et en prévoyant les futures extensions.

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IV - La mise en œuvre du projet architectural, urbain et paysager

L’étude urbaine et paysagère
C’est un élément essentiel et indispensable pour créer une opération de qualité. Cette étude doit être confiée à des professionnels spécialisés (architectes, urbanistes, paysagistes, géomètres) ; elle comprendra les éléments suivants :

- Analyse du territoire existant
Trame parcellaire, structure bâtie et caractéristiques architecturales, volumétries et gabarits, réseau viaire, silhouette et franges urbaines, patrimoine végétal (haies, bosquets, arbres isolés, etc.), perceptions proches et lointaines du site retenu, topographies, vues et perspectives à préserver, etc : en dressant un état des lieux du site actuel, le lotissement pourra être en lien avec son contexte, et s’appuyer sur l’existant. Les lotissements ne peuvent en effet être tous identiques ; un lotissement en ville constitue un quartier au caractère nettement urbain, tandis que dans un bourg, on pourra mettre en avant le côté rural du lotissement.
Une synthèse de cette analyse permettra la définition des enjeux du projet ; elle doit donc être pertinente et objective.

- Définition des enjeux et orientations d’aménagement

Il faut ensuite affiner ces enjeux issus de l’analyse, les compléter afin de mettre en place les orientations d’aménagement. On pourra utiliser un schéma d’organisation indiquant les grands principes de cheminements (voitures, piétons…) ainsi que la répartition du programme par zones.

- Proposition de composition

Mise en forme du projet (découpage parcellaire, emprises constructibles, organisation des espaces publics et de la voirie, traitement paysager, etc.), au regard des éléments de programme préalablement définis : un plan de composition associé au règlement qui lui correspond permettront la mise en œuvre d’un véritable projet urbain et paysager gérant l’organisation des espaces publics ainsi que le besoin d’autonomie de chacun dans son espace privé.

Plan d'un lotissement
Sont notamment indiqués : Les différents traitement de sol de l'espace public, les espaces verts, les cheminements piétons, les arbres à planter, mais aussi les emprises constructibles, le sens de faîtage et les accès aux parcelles.

Exemple de plan de composition (Saint-Aubin d'Aubigné, 35)
Lotissement Secteur de la Pilais

 

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